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22 septembre 2011 4 22 /09 /septembre /2011 11:05

 
 

Avertissement: cet article, comme tous ceux de ce blog, est protégé par les lois du copyright et toute reproduction en est interdite, sous peine de poursuites. On peut s'y référer mais en en mentionnant la source.

 

LE SIONISME   


Ce mot, totalement dévoyé, est devenu le symbole, pour les anti sionistes, de la lutte contre une oppression que ferait subir les Juifs, devenus israéliens, sur un autre peuple. Or nous avons vu que le seul peuple qui puisse se prétendre héritiers des premiers hébreux, revendiquer cette terre, est le peuple juif. Mais qu’est ce que le sionisme ?

 

    Il est coutumier de ramener ses débuts à Théodore Hertzl. Je préfère dire que Théodore Hertzl amorçait le sionisme « moderne ». En effet le sionisme est tout simplement l’aspiration nationale de tout un peuple chassé de sa terre qui n’aspire qu’à y retourner. Et ceci depuis les premières déportations sous Nabuchodonosor. (Encore que bien avant déjà, l’appel vers la terre promise,  esquissait l’amour indéfectible  qu’aurait le peuple hébreu, pour cette terre.

    Mais avant de parler de ce que j’appelle : les bases du sionisme, revenons d’abord à l’idée de Théodore Hertzl

    Son œuvre, l’ « Etat juif », devint le programme d’un parti politique, face à la nécessité de donner aux Juifs, dispersés, fragilisés car à la merci des pays « d’accueil », un état les mettant à l’abri des persécutions. L’idée n’était pas nouvelle, toutefois elle arrivait à une période propice, et les grands pogroms d’Europe centrale rendaient sa réalisation de plus en plus pressante. Ainsi le premier congrès sioniste, à Bâle en 1897, suivi de onze autres, tenta de concrétiser les principes, de transformer le rêve bi millénaire, en une réalité incontournable, devant mettre fin aux errances des Juifs, aux persécutions, à l’oppression. Ce ne fût pas facile. C’est le moins qu’on puisse dire, mais elle était soutenue par l’attachement du peuple juif aux pays de ses ancêtres, attachement qui le soutint durant toutes les dispersions, les persécutions ; cette idée « fixe » de retour à Sion ne demandait qu’à se concrétiser.

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Le sionisme aussi ancien que toutes les diasporas.

 

Le mot « Sionisme » tire son origine de « Zion », nom d’une des collines environnant la ville de Jérusalem, « colline située à l’Ouest de  la cité sainte » conquise par le roi David, vers la deuxième partie du XIe  siècle, avant notre ère. »

 

    Le sionisme n’est pas une formule, c’est l’aspiration nationale d’un peuple, son obsession d’un retour sur la terre de ses ancêtres.

 

    Un peu d’Histoire :

 

    - Déjà, « le patriarche Jacob, son fils Joseph, en Egypte, laissent comme testament la volonté d’être enterrés dans le pays de Canaan, terre promise à leurs père et grand-père, Isaac et Abraham. Reposer en « Eretz-Israël »  restera le désir le plus sacré de nombre de Juifs.  En effet, déjà avant la renaissance de l’état d’Israël « Nombreux sont les vieillards des deux sexes qui, sentant l’approche de leur fin, quittent tout, les riches, avoir et famille, les pauvres, leur maigre gagne-pain, mendiant de communautés en communautés juives, se rendant en Palestine, pour y mourir et y être enterrés.- Et combien plus touchante encore cette autre coutume funèbre de jeter sur les cadavres de leurs morts un peu de terre palestinienne. » (E.B)

 

- Moïse, après avoir conduit son peuple aux portes de la terre promise, doutant de D.ieu, ne put que la contempler de loin. Ce fût son lieutenant, Josué Ben Noun, qui mènera finalement les hébreux en terre de Canaan.

 

- Guerres, conquêtes, mais aussi développement économique et social, amenèrent David à acheter l’emplacement du Temple, que construira son fils Salomon.

A leur mort des schismes divisèrent les prétendants au trône. La suite fût dramatique avec la chute des deux royaumes de Judée et Samarie :

    De 5.000.000 qu’ils étaient au beau temps des rois David et Salomon.. ils ne sont plus que 100.000, et encore sont-ils dispersés dans plusieurs pays! Le reste des 4.900.000 Hébreux est anéanti. Ce fut le premier exil historique forcé. »(E.B),

 

« celui de dix tribus (l’an 719) sous le roi de Samarie Osée; et en trois fois, vers les années 597, sous le roi Jéchonias; en 586, sous le roi Sédécias; en 581 sous Jochanan, le roi Nabuchodonosor et son général Nébusaradan, entraînent à leur suite les Hébreux en Babylonie. C’était la fin du royaume de Juda, cette fois-ci! L’Assyrie absorba les deux royaumes après 177 ans de relations diplomatiques. 

 

Les prédictions malheureuses se réalisaient mais en même temps promettaient le retour. Dès lors ce fût obssessionnellement que les hébreux l’attendirent :

 

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« Si je t’oublie, ô Jérusalem, que ma droite se dessèche! Que ma langue reste attachée à mon palais quand je ne penserai plus à toi, quand je ne placerai plus Jérusalem à la tête de mes joies! ».

 

Les hébreux font tout pour obtenir ce retour, des dirigeants étrangers, parfois, les y aident. En vrac citons :

 

- En 555, Shaltiel, fils du dernier roi en exil, essaye d’obtenir de Nabonad, successeur du destructeur du Temple, la libération des captifs. Il échoue.

- En 538, Cyrus, roi des Perses, conquiert Babylone. Le roi décrète que : « les Judéens sont libres de retourner dans leur patrie, de remporter leurs « vases sacrés » et suprême bonheur, donne  l’autorisation de rebâtir le temple détruit

Ils n’étaient plus que 42.360, à revenir sur la terre chérie, déjà dévastée, « sous la conduite de Zorobabel, fils de Schaltiel, petit-fils du roi Jéchonias, et Yeschoua, petit-fils du dernier grand prêtre Séraya. »

 

La documentation manque sur la période de –537 à la deuxième chute du Temple, en l’an 70.

 

De nombreux témoignages :

 

«     Sauley dans : « Les derniers jours de Jérusalem » p.137 : «  Jamais en aucun temps, nation n’a tant souffert, et ne s’est jetée si bravement et tout entière entre les bras de la mort, pour échapper au plus poignant des malheurs, à l’envahissement par la force brutale des armées étrangères. Honneur donc aux illustres martyrs du patriotisme hébraïque! Car ils ont payé de leur sang le droit de transmettre à leurs descendants le souvenir de la plus belle résistance qui n'ait été jamais faite par les faibles contre les horreurs de la  conquête »

 

    L’historien Graetz, dans « l’Histoire des Juifs », traduite par Wogue, (Paris, 1884.T.2, p.395) ajoute:« Sous les ruines de Jérusalem et du Temple furent ensevelis les derniers vestiges de l’indépendance politique de la Judée. Ce siège, dit-on, coûta la vie à plus d’un million de victimes. Si l’on y ajoute celles qui étaient tombées dans la Galilée, la Pérée et les villes de l’intérieur, on peut affirmer que la population des Judéens de Palestine était, en majeure partie anéantie. De nouveau Zion était assise sur des ruines et pleurait ses fils morts, ses vierges traînées en captivité ou jetées en pâture aux appétits immondes d’une soldatesque brutale. Plus malheureuse encore qu’après sa première chute, aucun prophète n’était là pour prédire la fin de son veuvage et de ses épreuves ». 


  « Après cent-quinze ans de relations avec Rome, après de guerres atroces, luttes horribles d’extermination pendant de longues années, entre l’envahisseur romain et l’envahi « judéen », la Palestine succombe, la terre de Juda et d’Israël subit le sort commun à toutes les nations qui contractèrent des engagements avec le colossal empire.

     Triste et douloureux commencement d’un nouvel exil!...

  C’est le début de la deuxième dispersion, la plus longue, mais qui ne sera pas éternelle. Nous en avons la ferme conviction, malgré sa bimillénaire durée, malgré qu’elle ait résisté à tous les essais répétés pour y mettre terme. » (E.B)

 

J’interviens pour dire que, grâce à D.ieu, cette supplique a été entendue puisqu’Israël est ressuscitée de nos cendres le 14 mai 1948

 

   « On ne peut apprécier la valeur d’une chose qu’après qu’on l’a perdue. Axiome qui s’applique admirablement aux Juifs. A peine sont-ils loin de leur patrie meurtrie, les yeux encore pleins de larmes amères versées sur l’ensevelissement de Zion, les flétrissures imméritées non encore effacées, leurs haillons encore imprégnés de sang, qu’ils pensent déjà à la rétablir dans son ancienne gloire, dans son antique splendeur, dans sa splendide beauté. Car, l’existence d’Israël ne se peut concevoir sans la pensée consolatrice de Jérusalem, de Zion, d’Eretz-Israël. « Ubi bene, ibi patria », où l’on est bien, là est la patrie, voilà la grande injure que l’on ne cesse de jeter au visage des Juifs! Les tentatives sionistes si nombreuses sont là pour les laver de ces odieuses calomnies!

 

Pour rétablir l’état juif, rebâtir le temple de Jérusalem, reconquérir l’indépendance nationale et ramener les enfants, dispersés dans les mines d’Egypte, ainsi que dans les pays méditerranéens, s’engagea une lutte ardente, farouche, sauvage. Des révoltes générales ou partielles éclatèrent et pendant près de trois cents ans (70-362) arrêteront les empereurs romains dans leurs conquêtes en Asie. Ces luttes, ce sionisme guerrier, épuisa complètement la Judée, déjà dévastée, ravagée, dépeuplée par les pires malheurs. Le mal se fera sentir, même hors Palestine, partout où il y avait de fortes agglomérations juives. Grâce à des luttes opiniâtres, les Juifs obtinrent deux fois la permission de reconstruire leur temple, symbole de l’unité nationale-religieuse, de force morale et signe de ralliement entre diverses communautés répandues à travers terres et mers.

Sous l’empereur Adrien (120)*,  sous l’empereur Julien (362), ** les travaux commencèrent. Les intrigues, les circonstances politiques, la duplicité politique romaine arrêtèrent tout.

Bien mieux encore, pendant une période de trois ans, de 132-135, Bar Kochba, le bras de l’insurrection, et Rabbi Akiba, l’âme de la révolte, contre l’oppresseur, rétablirent la nation juive. Toute la Palestine redevint un état indépendant!... 

Depuis, tout est fini, bien fini des tentatives victorieuses réussies, pour reprendre les armes à la main le patrimoine ancestral » (E.B).

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« Qui pourrait décrire les souffrances des malheureux Judéens, tombés au pouvoir des Romains? Les prisonniers faits pendant cette guerre dépassaient le nombre de 900.000... Tous ceux qui furent reconnus ou dénoncés comme ayant pris part à la lutte furent mis en croix... Les survivants durent envier leur sort. En effet, 17.000 d’entre eux moururent de faim, tant on leur mesurait la nourriture avec parcimonie. Une partie des prisonniers refusèrent d’accepter des Romains le moindre aliment, aimant mieux périr d’inanition. Parmi ceux qui survivaient, Fronto choisit les plus beaux jeunes gens pour orner le triomphe du général; de ceux qui étaient âgés de plus de dix-sept ans, une partie fut envoyée en Egypte pour y travailler à perpétuité dans les mines au compte des Romains, comme naguère les prisonniers de Galilée avaient été employés aux divers travaux de l’isthme de Corinthe. La plupart des jeunes gens furent répartis entre les provinces pour jouer leur vie dans les cirques. Les plus jeunes et les femmes furent vendus à l’encan, et, vu leur grand nombre, cédés aux marchands d’esclaves à des prix dérisoires. C’est ainsi que les fils et les filles de Zion furent dispersés dans l’empire romain pour y devenir esclaves. Que des souffrances durent subir ces infortunés!.…..

Titus tint sa cour à Césarée et donna à ses amis des fêtes sanglantes dans le goût des romains. Des bêtes féroces étaient amenées dans un cirque et les prisonniers judéens forcés de se battre avec elles jusqu’à ce que, vaincus, ils furent mis en pièces. Parfois le spectacle changeait : les prisonniers devaient lutter les uns contre les autres et s’entre-tuer . C’est ainsi que périrent 2.500 nobles jeunes gens à l’occasion de la fête anniversaire de son frère, l‘ignoble Domitien.............................................................

* Les chefs juifs, Julien et Papos, obtinrent sous Adrien, le droit de reconstruire le Temple. Le prosélyte Aquilas fut chargé du relèvement de Jérusalem.

** Voici un extrait de la lettre adressée par Julien aux communautés juives, en faveur de la  restauration du Temple : ....« Quand j’aurai mené à bonne fin ma campagne contre les Perses, je me rendrai à Jérusalem, la ville sainte et, selon le désir que vous nourrissez depuis de nombreuses années, je la restaurerai à mes propres frais et je m’y joindrai à vous pour glorifier le Tout-Puissant. » Alype d’Antioche surveillait les travaux.

(Graetz: Histoire des Juifs) T.3. p.222)

 

Face au malheur, les Juifs se réfugièrent dans la seule espérance dont on ne pouvait les spolier, leur foi en l’arrivée du Messie.

 

Cette foi, le besoin irrépressible d’un retour à Sion, fût la porte ouverte parfois à certaines dérives, parfois à l’éclosion de poèmes et d’œuvres magnifiques, ou encore à la sensibilisation de souverains étrangers :

 

- Des Juifs de l’île de Crête : Vers 420, un certain Moïse annonce que le moment du retour est arrivé, qu’il leur ferait traverser la méditerranée jusqu’à la Palestine On le crût… »E.B

 

- En Syrie en 720 un autre messie. Sérène. Il projetait « de chasser les Musulmans de Palestine! » ... Mais il  meurt...

 

- Vers 750, un autre « libérateur » Obadia-ben-Isahk, de la ville d’Ispahan,  rassemblent plusieurs milliers de guerriers juifs montagnards, » les organisant militairement, entreprend la guerre de délivrance. Il tombe en héros sur le champ de bataille! Jusqu’à nos jours,  les Juifs ispahanais ont gardé le culte de sa mémoire.. »(E.B).

 

 -  En 1141, Yehuda Hallevi, poète, talmudiste, après avoir fait un voyage en Palestine, s’arrêtant à Damas, écrit les « Sionides »,

 

Ô, cité du monde, si belle dans les brillants atours

Du fond d’Occident j’aspire vers toi de toute mon âme;

Que n’ai-je la rapidité de l’aigle pour voler vers toi,

Et mouiller de mes pleurs la poussière sacrée!

 

 

A diverses époques nous pouvons citer, des amoureux de la Terre Promise: « Abraham ben Meir Ibn-Ezra (1089-1167) en Espagne, Juda Al-Harizi (1190-1240); Israël Najara (au XVI siècle); Joseph Almazi d’Italie (1801-1860), Rabener (né en 1826 à Lemberg), Mica-Joseph Lebensohn (1828-1842), Jehuda Loeb Gordon (1857-1882), Naphtali-Hirz Imber (1856-1912). Ce dernier est l’auteur de « Hatikwah » (l’Espérance), hymne national sioniste... «  Elle n’est pas encore perdue, notre espérance, de retourner au pays  de nos ancêtres, à la ville où résida David.

Tant qu’une âme juive frissonne dans l’intimité de notre cœur, tant qu’un oeil s’ouvre encore pour contempler les confins de l’Orient vers Sion.

Eécoutez, ô frères, vous qui êtes dans les pays de l’exil, la voix d’un de vos poètes: avec le dernier juif subsistera aussi notre dernière espérance »...

Menahem-Mendel Dolitzky, né à Bielostok, en 1856, qui reprend « la tradition des  sionides »; Joseph Halévy, orientaliste, né à Adrinople, en 1827, membre de l’Institut Haîm-Nahman

Bialik, né à Rady, Volhynie, en 1873, et la poétesse Sarah Chapira («Ce n’est ni la Rosée ni la Pluie »

 

- 1286, massacre des juifs en Allemagne Conséquence : le bruit court que le Messie est déjà en Palestine!  Ils quittent tout et se préparent au départ. Le prince Rodolphe de Hasbourg interdit ce départ, confisque les biens des Juifs, jette en prison le pieux chef Rabbi Meïr de Rottenbourg, qui y meurt en 1293.

 

- L’Inquisition : avec également sa conséquence En Castille, Moïse Botarelli de Cisneros, désigne l’année 1393 comme celle de la délivrance.. « Une importante émigration s’achemine vers la Palestine. La communauté juive de Jérusalem, qui comptait à peine 66 personnes, augmentera de 2.000 âmes après l’Inquisition. Safed augmentera plus encore. Plusieurs autres villes verront s’accroître considérablement leur population juive. Beaucoup de Juifs palestiniens d’aujourd’hui descendent de ceux-là. »(E.B)

 

- Don Isaac Abarbanel, ministre de Ferdinand d’Aragon, indique l’an 1503 comme date absolument sûre de la fin des souffrances du peuple juif et de son retour à « Zion ».

 

- Ascher Lamlein, en Istrie, vers 1502, prend également le nom de Messie. «  Le prétendu envoyé de Dieu pose comme conditions aux Juifs qu’ils doivent avant tout se rendre dignes d’être libérés. L’agitation sévit partout : en Allemagne et en Italie. Peu de temps après, Lemlein est assassiné. » (E.B)

 

- Un cas étonnant : David Reubeni et Diego Pierès, « l’un le maître, l’autre le disciple, Le premier se recommande comme ambassadeur de son frère « le roi de Juifs groupés en Etat dans l’Arabie ». « Réubeni est venu pour traiter diplomatiquement et reconquérir la Palestine au moyen de l’appui des puissances chrétiennes.

Les idées de David Reubeni trouvent écho parmi les Juifs d’Egypte, d’Italie, d’Espagne, d’Allemagne, et parmi les potentats chrétiens.

Il est reçu en 1524 par le cardinal Guiles, par le pape Clément VII, par le roi Joâa de Portugal. Partout on lui rend les honneurs dus à un ambassadeur, ambassadeur juif...

Le roi du Portugal lui promet un secours de 4.000 armes, 8 vaisseaux de guerre.

Il est reçu par Charles Quint.

Il est plus tard emprisonné, pour avoir converti au judaïsme Salomon Moloch, on dit encore Diego Piéres.

Ce dernier fait sa renommée de sioniste messianique en Pologne, en Turquie, en Asie.

Reçu par le Cardinal Lorenzo Puci, ainsi que par le Pape Clément VII et Charles Quint, il finit en 1532 sur un autodafé comme relaps

 

- Au XVIe siècle. Juan Miques, ou Joseph Nasi, Juif marrane, sollicite de la République de Venise la cession d’une de ses îles, mais se voit opposer une fin de non recevoir.

Vers 1566, il obtint, grâce au sultan Selim II, la permission d’établir son « Etat Juif » en Palestine. il bâtit une seule ville : Tibériade...

 

- XVIIe siècle A la faveur de la « Réforme », un mouvement de sympathie à l’égard des écritures bibliques : conséquences :

 

- En France, Isaac de la Peyrère, huguenot, homme de guerre et de lettres, publie le « Traité du Rappel des Juifs », paru en 1643. Il demande le rétablissement des Juifs en Palestine, au roi Louis XIII, au nom de l’église:

............... « Que les Juifs seront rappelés de tous les endroits du monde où ils sont épars, pour être menés et rétablis temporellement dans la terre qui leur a été promise, qui est la terre sainte et leur héritage ……. tous les livres du vieux testament, principalement dans tous les livres des Prophètes il est dit formellement: Que les Juifs seront rappelés en leur pays, et qu’ils reviendront chez eux de tous les endroits du monde….  que Dieu les sifflera des quatre vents pour être rétablis dans la terre sainte appelée aussi terre promise, parce que Dieu avait promis et juré aux pères des Juifs qu’il la donnait à leur semence, et à leurs successeurs, pour la posséder, sans crainte de leurs ennemis, et pour n’en être jamais ébranlés.

 Pour la posséder tant que le Ciel sera penché sur la Terre. Façon de parler si recherchée et si précise, pour signifier l’établissement des Juifs dans cette terre; établissement, dis-je, temporel, réel, actuel, et permanent, qu’il ne se peut rien dire de plus exprès pour nous le faire entendre.*............................

*« Rappel des Juifs » 1643. Préface et Livre11.page 76

 

- En Allemagne, Mochinger de Dantzig, le médecin Abraham de Frankenberg d’Oels (Silésie); en Hollande, Henri Jessé et Pierre Serrarius; en Angleterre, les puritains comme Homessius-Nathaniel Holmès, Olivier Cromwel, crurent, écrivirent, s’agitèrent de bonne foi, espérant le retour prochain des Juifs en Palestine.

 

-Apparaît le rabbin Manassé ben Israël d’Amsterdam (né à Lisbonne en 1604, mort 1657).

« Il écrit aux Juifs de plusieurs pays, obtient d’eux des procurations, et se présente en Angleterre comme leur délégué. Il sollicite du parlement anglais, et de son dictateur, les moyens de hâter l’accomplissement de la prophétie messianique.

 

- Sebetay-Cevi (1626-1676) le plus grand mystificateur. Kabaliste, après avoir entrepris des voyages à Constantinople, à Smyrne, à Jérusalem (1663), il commence à préparer le retour vers « Eretz-Israël ». Il ne prend pas le titre de Messie, mais se nomme « fils de Dieu » et « Dieu » même!

« Il fallait que la détresse des Juifs fût bien grande pour qu’ils ajoutassent foi à de pareilles aberrations. Une fois de plus, les pauvres malheureux font de sérieux préparatifs de départ pendant que celui qui les leurre ainsi profite de cet enthousiasme pour se marier avec une sorte d’hallucinée venue de Pologne. Sabetay-Cevi mène une vie princière continuant par ses prédictions à troubler la masse juive. Il se lie avec un prédicateur de Constantinople, Abraham Yakhini, qui le confirme dans son rêve, au Caire, avec le richissime Raphaêl Joseph Chelebi, à Gaza, avec Nathan Benjamin Lévi, qui tous surexcitent les esprits, remuant les Juifs de divers pays.

Le grand vizir Ahmed Koeprili (1666), ayant eu vent de tout ce qui se trame, l’arrête et l’emprisonne. Pour sauver sa vie, Sabetay se fait musulman. Malgré cette conversion, la confiance en lui est telle qu’on le croît toujours dans le vrai. Lui-même ne cessait d’entretenir toujours vivace l’espérance au coeur de ses coreligionnaires en conservant ses rapports avec eux.

Une dénonciation le fait exiler à Duleigno, en Albanie, où il meurt en 1676.

Tout le bien que Sabetay Cevi a fait aux Juifs, fût la  conversion d’une grande quantité d’Israélites au culte de Mahomet !...

De là tirent leur origine les « Smyrlis, Jacobites », que les Turcs appellent « Donmeh ». C’est une secte mi-juive, mi-musulmane, qui habite toujours la Turquie.

Si les troubles messianiques ne prirent pas fin à la mort de l’agitateur, c’est que ses disciples, aussi mystiques que lui, tels que :Daniel Israël Bonafoux de Smyrne, Abraham Miguel Cardoso, de Tripoli, Mordekaï d’Eisenstadt, et plus tard Yankiew Lleibowitz ou Jacob Frank (1720-1791), continueront son oeuvre, se croiront possédés par les visions de la délivrance à l’aide de la Kabale. »(E.B)

 

- Baruch Spinoza (né en Espagne en 1632, mort en 1677), croyait aussi à « la possibilité, pour les Juifs, de restaurer leur royaume et de redevenir le peuple élu de Dieu »; ainsi que le sionisme d’un danois, Oliger Pauli, qui dépensa énormément d’argent et déploya une énergie surhumaine pour obtenir l’intervention de Guillaume III d’Anglette (1689-1702), ainsi  que celle du Dauphin de France, Louis XV, pour le retour des Juifs en Palestine 

 

Au XVIIIe la lutte pour rétablir les Juifs dans leur ancienne patrie continue, ainsi quelques-uns uns voyant l’impossibilité pour leur peuple d’établir un état juif en terre sainte, tâcheront d’obtenir une place ailleurs :

- Maurice de Saxe (1749) fils d’Auguste II de Pologne, projette d’établir l’Etat juif en Amérique du sud.

- Le Maréchal Prince de Ligne, (1753-1814), d’origine belge, adresse à l’Empereur Joseph II d’Autriche (1765-1790) un « Mémoire sur les Juifs » :

«  que quelqu’un de ceux qui sont en Turquie fût assez habile pour prendre du crédit auprès du grand seigneur, qui leur rendrait le royaume de Judée ..................................................

 Les Juifs, outre cela, auraient retrouvé leur patrie, seraient obligés d’y faire fleurir les arts, l’industrie, l’agriculture et le commerce de l’Europe. Jérusalem, petit trou horrible à présent, qui fait mal au cœur aux pauvres diables de pèlerins qui y vont de temps en temps, redeviendrait une capitale superbe. On rebâtirait le temple de Salomon sur ses ruines, qui en feraient retrouver le tracé, joint aux descriptions et aux estampes que nous en avons. On fixerait les eaux du torrent du Cédron qui fournirait des canaux de circulation et d’exploitation. On retrouverait le jardin d’Eden, et les quatre sources des fleuves, qui feraient le plus beau jardin anglais du monde. Les déserts seraient défrichés et habités. On ne rencontrerait plus les hordes de voleurs arabes qui infestent tous les lieux saints et sacrés, puisque personne n’y touche.....................

Voici d’abord ce que je dis aux Turcs, pour leur apprendre à résister à leurs ennemis.

Si vous attirez les Juifs chez vous, servez-vous en comme les Romains se servaient des Grecs, qui étaient leurs médecins. Ceux-là peuvent l’être de votre gouvernement. Ils ont assez écouté aux portes chez nous pour savoir les usages des armées chrétiennes et les défauts des vôtres................................................ Ils pourront rendre, à vos îles de l’Archipel, du commerce et de la population, observer vos Grecs à qui vous ne pouvez guère vous fier; et ils s’entendront mieux que vous à tout ce qui concerne les échelles du Levant.

Le profit que les Juifs feront chez vous, vous garantit de leur fidélité. Que le Pacha le moins bête d’entre vous soit le Pacha de Judée, et qu’il vous envoie ceux de cette nation qui peuvent être les plus utiles à Constantinople et aux autres provinces de l’Empire ».* «  Oeuvres choisies, littéraires, historiques et militaires ». Genève, 1809, T.1. pages 47 et suivantes......................................................................................

 

- En 1799, dans la réimpression de l’ancien « Moniteur » on trouve une note de Constantinople, dans laquelle est mentionnée la proclamation du général Bonaparte aux Juifs :

« N° 243.Tridi prairial (22 mai).

Constantinople. - Nouvelle d’une proclamation du général Bonaparte aux Juifs, dans laquelle il les invite à se ranger sous ses drapeaux, pour aller relever les murs de Jérusalem ». * Paris, 1843. T.29, P. 29,  P.684. « Gazette nationale »  ou  « Le Moniteur Universel ». (Bib.Nationale : Lrc 113).

 

                                              

                                                         EN FRANCE, LES JUIFS DEVIENNENT, A PATIR DE 1791 CITOYENS

 

 

 L’Emancipation des juifs remplacera le désir de la reconstitution de la nationalité juive. « L’assemblée des notables juifs », 1806, ainsi que « Le grand sanhédrin », 1807, convoqué par l’Empereur Napoléon Ier, affirment la cessation de la nation juive.

 

Cependant l’émancipation des Juifs français n’est que peu suivie par les autres pays européens et le retour à Sion demeure toujours dans l’âme juive :

 

-         Entre 1818-1845, Mordéchaï Noah, avocat de New-York, tente d’obtenir la Palestine.

-    Le Dr. Joseph Salvador, demande en 1830, la convocation d’un congrès européen.

-    Les étudiants juifs, à l’aide de Moïse Steinschneider, à Prague, fondent une société pour la propagande sioniste. Ceux de Vienne et d’ailleurs, pour l’amour de zion, par tradition juive, chantent des chansons nationales en hébreu. Ils parlent la langue des prophètes, s’occupent de trouver un moyen de retourner en Palestine.........

 

 la suite dans un prochain article

 

 

 Les paroles en français de Jérusalem d'or

http://carmelo.blog.fr/2007/09/15/title~2985428/

 

"Jérusalem d'or" est une chanson populaire israélienne écrite et interprétée par Naomi Shemer en 1967. Elle fut écrite à la veille de la Guerre des six jours et de la conquête de Jérusalem-Est par Tsahal, annexée par la Jordanie depuis la guerre israélo-arabe de 1948. Ce chant a motivé les soldats israéliens au cours du conflit.
Cette chanson a été considérée pendant un moment à la Knesset comme un possible nouvel hymne national à la place de Hatikvah.
L'interprète de la version proposée ici à l'écoute est Ofra Haza, décédée tragiquement le 23 février 2000 à l'âge de 43 ans.


Jérusalem d'or ("Yeroushalayim chel zahav")

L'air des montagnes est pur comme vin
Et l'odeur des pins
Est portée par le vent du soir
Avec le son des cloches.

Et quand sommeillent l'arbre et la pierre
Enfouie dans son rêve,
S'abime la ville solitaire
Un mur dans le coeur.

[Refrain]
Jérusalem d'or, de bronze et de lumière,
Pour toutes tes chansons, ne suis-je pas un violon?
Jérusalem d'or, de bronze et de lumière,
Pour toutes tes chansons, ne suis-je pas un violon?

Comme ils sont à sec les puits!
La place du marché est vide.
Et nul oeil ne guette le Mont du Temple
Dans la vieille ville.

Et dans les grottes des rochers
Hurlent les vents
Et nul ne descend vers la Mer morte
Par la route de Jéricho.

[Refrain]

Mais venue aujourd'hui chanter pour toi
Et te tresser des louanges
Je ne suis pas à la hauteur du moindre de tes enfants
ni du dernier des poètes.

Car ton nom brûle les lèvres
Comme le baiser d'un séraphin
Si je t'oublie, Jérusalem...
Toi qui es toute d'or.

[Refrain]

Nous sommes revenus aux puits des eaux,
au marché et sur la place.
Un shofar appelle sur le Mont du Temple
dans la vieille ville.

Et dans les grottes des rochers
Des milliers de soleil rayonnent
Nous reviendrons et descendrons vers la Mer morte
Par la route de Jéricho.

[Refrain]


 

 

 

 

 

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Published by Yehudit
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  • : Le blog de israel-de-tout-mon-coeur
  • : ISRAEL... combien ces quelques mots renferment d'amour en moi, de passion, de nostalgie, de révoltes aussi! Combien je souffre de voir ce si petit pays aussi vilipendé, critiqué, si incompris, si mal connu. Combien je me révolte de me sentir impuissante à modifier toute cette désinformation. Ici, pour moi, pour ceux qui y jetteront un oeil, je veux crier ma colère, je veux dire mon admiration, je veux parler en toute liberté, informer, établir une passerelle Yehudit
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  • Une amoureuse d’Israël, de la Thorah, et de notre peuple: combien ces mots renferment d'amour, de passion, de nostalgie, de révoltes de voir ce petit pays vilipendé, critiqué, mal connu.Je veux crier ma colère, mon admiration, parler en toute liberté, informer, établir une passerelle Yehudit

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